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Maison de la Poésie Jean Joubert

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Poèmes pour le confinement 2, par Claude ADELEN, semaine 3

Poèmes pour le confinement 2, par Claude ADELEN, semaine 3

16 novembre: Jude STEFAN

voir la suite sur la Page Poèmes pour le confinement 2 - 3ème semaine, par Claude Adelen (liste des Pages dans la liste à droite)

Poèmes pour le confinement 2, par Claude ADELEN, semaine 3

Lundi 16novembre : Jude Stéfan.

J'ai appris sa mort hier. J'interromps mes envois de poètes venus d'ailleurs pour lui rendre hommage. Car il est pour moi l'un des plus grands poètes de notre époque. Merci à toi, Jude, et "au festoyant français".

C'était en 1973. J'écrivais "Bouche à la terre", ses livres sur ma table, et surtout celui que je considère, avec les "Suites slaves" (qui devaient paraître 10 ans plus tard), comme l'un de ses plus grands livres, je veux parler  de "Idylles suivi de Cippes" qui venait de paraître cette année-là. Il y a certains livres qui vous arrivent comme une main tendue aux pires moments. J'ai tout de suite su qu'il s'adressait à moi :

"Jeune ayant trop dit la mort je vis / à contre temps chantant l'inespoir/ d'avoir été jeune" J'ai tout de suite su que je me rangeais moi aussi de ce côté noir du lyrisme. Plus tard, quand j'ouvris "Aux chiens du soir" je n'ai pas eu besoin de lire trois fois "Sur la grève" pour sentir que ce texte, son extraordinaire enchaînement d'échos et d'images, ne s'effacerait plus jamais de ma mémoire, et quand je suis quelque part au bord de la mer, c'est toujours la sterne du poème de Jude Stéfan que j'entends,  "qui glousse au loin près des épaves".

 

 

Sur la grève                       Jude Stéfan

 

 

 

                            a fui l’hiver avec

         ses enfants dans les jardins de neige

         ici temps et marée n’attendent personne

         « en vieil anglais steorfan veut dire

         mourir » et si j’en retranche l’or reste

                            ma vie terne

         or voici la sterne la visiteuse d’été

                   haute là-bas sur la mer

                   où le cerveau n’est que nuée

         à ton interrogation la fleur répond :

         efface-toi tout vivant du monde avant

         la Mort qui glousse au loin près des épaves

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