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Maison de la Poésie Jean Joubert

Maison de la Poésie Jean Joubert

Le blog de la Maison de la Poésie Jean Joubert

Jean-Marie PETIT

Jean-Marie PETIT
Jean-Marie PETIT
Jean-Marie PETIT

Jean-Marie Petit, figure de la poésie occitane, s'est éteint le 3 août, deux jours avant son ami Frédéric Jacques Temple.

Compagnon de la Maison de la Poésie Jean Joubert, ami de Jean Joubert, il avait participé à de nombreuses rencontres et lectures, notamment avec Aurélia Lassaque, dont il était si fier d'avoir contribué à faire découvrir le talent. Il a été de l'aventure de notre hommage à Antonio Machado, avec la lecture musicale "Antonio Machado, la halte du voyageur", en tournée dans les médiathèques de la Métropole en 2011-2012.

Pensées à sa famille, et à tous nos amis qui écrivent et parlent la belle langue occitane.

Voici ci-dessous l'hommage rendu par Marie-Jeanne Verny, professeur émérite de langue et Littérature occitane à l'Université Paul Valéry.

Adieu Jean-Marie.

Joan-Maria Petit... la despartida
Ancien professeur à l'Université Paul-Valéry, neveu d'Ernest Vieu, (homme de théâtre occitan), gendre de Charles Camproux (ancien professeur à l’Université Paul-Valéry et acteur majeur de l'histoire de l'occitanisme) Jean Marie Petit a été longtemps professeur de dialectologie. Comme dialectologue, il a travaillé à l'Atlas linguistique du Languedoc oriental (CNRS), avec Jacques Boisgontier et Louis Michel. Passionné de littérature orale, il s'était intéressé, entre autres, au « romance » cette forme de poésie narrative d'origine orale, commune à l’espagnol, au catalan et à l’occitan. En 1969, avec la collaboration de Jean Tena, il avait publié au Centre d'Estudis Occitans de l'Université un Romancero occitan, une anthologie de la chanson populaire occitane, où ils montraient les analogies formelles qu’elle présentait avec le « romancero » espagnol, plus connu. C’était aussi un poète de grand talent. Les recueils les plus récents sont publiés chez Jorn http://www.editions-jorn.com/auteurs-petit.htm (on y trouvera une biographie) et chez Letras d’òc https://www.letrasdoc.org/fr/les_auteurs/jean-marie-petit/. Il utilisait dans son expression poétique sa connaissance de l'oralité et composait des tableaux entre narration et description, qui laissaient transparaître discrètement une sensibilité aigüe. Nous retiendrons ce poème, où se lit son admiration de Federico Garcia Lorca :
Lo limon demandèt a l’irange
De li faire un poton
E l’irange emporprèt la sason vergonhosa.
Quand un tavan los maridèt
De flor a flor
Tuèron un poèta andalós
Dejós un miugranièr.
J.M. Petit, Petaçon, Jorn, Montpeirós, 2006, p. 34

Le citron demanda à l’orange / de lui faire un baiser / Et l’orange teinta de pourpre la saison honteuse. / Quand un taon les maria / de fleur à fleur / on tua un poète andalou / sous un grenadier.
Nous renvoyons aussi à ces mots de Jean-Claude Forêt dans la revue "Europe" : "Jean-Marie Petit est de ces poètes brefs dont l’écriture paraît si naturelle, évidente et limpide qu’ils ne donnent jamais l’impression d’un effort de dépouillement ou d’une quête délibérée de silence. Un paradoxal sentiment d’abondance et de profusion d’abord, de densité sans crispation ensuite, de tranquille et limpide évidence enfin émane de ces poèmes courts, aux vers eux-mêmes brefs qui dépassent rarement l’octosyllabe. L’écriture de Jean-Marie Petit tente de se confondre avec le souffle vivant de la parole, ces « brèves de village » qu’on énonce d’une haleine et qu’on échange entre voisins à la veillée, à la sortie de l’église, de part et d’autre de la haie. Cette parole, il l’a puisée aux lèvres des « gens de peu », dont toute sa poésie est en quelque sorte une épopée fragmentaire et inversée."
Voir notre présentation sur le site de l’Université Ouverte des humanités « Mille ans de littérature d’oc » : http://uoh.univ-montp3.fr/1000ans/?p=900.
Les obsèques de Jean-Marie Petit auront lieu jeudi 6 août en l’église de Clapiers.

Ancian professor a l'Universitat Paul-Valéry, nebot d'Ernest Vieu, (òme de teatre occitan), gendre de Carles Camproux (actor màger de l'istòria de l'occitanisme) Joan Maria Petit es estat longtemps professor de dialectologia. Coma dialectològ, a trabalhat a l'Atlas linguistique du Languedoc oriental (CNRS), amb Jacques Boisgontier et Louis Michel. Passionat de literatura orala, s'èra interessat, entre autres, al « romance » aquela forma de poesia narrativa d'origina orala, comuna en espanhòl, catalan e occitan. En 1969, amb la collaboracion de Jean Tena, aviá publicat al Centre d'Estudis Occitans de l'Universitat un Romancero occitan, una antologia de la cançon populara occitana, ont mostravan las analogias formalas que presentava amb lo « romancero » espanhòl mai conegut. Èra tanben un poèta d'un grand talent. Los recuelhs mai recents son publicats en cò de Jorn http://www.editions-jorn.com/auteurs-petit.htm (i trobaretz una biografia) e en cò de letras d’òc https://www.letrasdoc.org/fr/les_auteurs/jean-marie-petit/. Utilizava dins son expression poetica sa coneissença de l'oralitat e compausava de tablèus entre narracion e descripcion, ont ponchejava discrètament una sensibilitat aguda. Retendrem aquel poèma, ont se legis son admiracion de Federico Garcia Lorca :
Lo limon demandèt a l’irange
De li faire un poton
E l’irange emporprèt la sason vergonhosa.
Quand un tavan los maridèt
De flor a flor
Tuèron un poèta andalós
Dejós un miugranièr.
J.M. Petit, Petaçon, Jorn, Montpeirós, 2006, p. 34
Remandam tanben a aqueles mots de Jean-Claude Forêt dins la revista Europe https://www.europe-revue.net/ : Jean-Marie Petit est de ces poètes brefs dont l’écriture paraît si naturelle, évidente et limpide qu’ils ne donnent jamais l’impression d’un effort de dépouillement ou d’une quête délibérée de silence. Un paradoxal sentiment d’abondance et de profusion d’abord, de densité sans crispation ensuite, de tranquille et limpide évidence enfin émane de ces poèmes courts, aux vers eux-mêmes brefs qui dépassent rarement l’octosyllabe. L’écriture de Jean-Marie Petit tente de se confondre avec le souffle vivant de la parole, ces « brèves de village » qu’on énonce d’une haleine et qu’on échange entre voisins à la veillée, à la sortie de l’église, de part et d’autre de la haie. Cette parole, il l’a puisée aux lèvres des « gens de peu », dont toute sa poésie est en quelque sorte une épopée fragmentaire et inversée.
Veire nòstra presentacion d'el aquí : http://uoh.univ-montp3.fr/1000ans/?p=900

Marie-Jeanne Verny

 

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